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Une vie difficile

  • 1976
  • Italie
  • 1h59
Comédie de Dino Risi avec Alberto Sordi, Léa Massari...
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Alors qu’un soldat allemand s’apprête à l’abattre, Silvio Magnozzi, rédacteur d’un journal clandestin, est sauvé par Elena. A la fin de la guerre, il retrouve Elena et ils s’installent à Rome. Les activités radicales de Silvio ne leur facilitent pas la vie et peu à peu, lasse de la misère, Elena le quitte. Silvio tente alors sans succès d’éditer un livre. A bout de force il accepte d’être le secrétaire d’un homme d’affaires qui ne cesse de l’humilier tant et si bien que Silvio le gifle lors d’une soirée, retrouve sa fierté, sa femme et une vie encore plus difficile !

Le film est symptomatique du projet des meilleures comédies italiennes, qui pendant près de trente ans observèrent les bouleversements sociopolitiques du pays et l’évolution du peuple italien, pour mieux les tourner en dérision.Les Inrockuptibles
Bouffonnerie et drame tout à la fois, le film de Dino Risi échappait alors aux catégories existantes pour en inventer une, et surtout exprimer, avec une réjouissante trivialité, un sentiment et une angoisse face à l’évolution de l’Italie, que partageront avec diverses nuances, de nombreux intellectuels et artistes italiens, de Federico Fellini à Alberto Moravia, en passant par Pier Paolo Pasolini.Le Monde
Pour aller + loin

Durant un court laps de temps, le cinéma de Dino Risi enregistra, avec une candeur béate, les transformations de la société italienne de la fin des années 1950. Ce fut la comédie Pauvres mais beaux (1957) et ses deux suites, Belles mais pauvres (1957) et Pauvres millionnaires (1959). Mais très vite, alors que le pays se précipitait violemment et aveuglément dans une modernité prospère et consumériste, l’auteur des Monstres (1963), exprima dans son cinéma toute une perplexité navrée et sarcastique, une vision d’une lucide férocité.

La comédie « à l’italienne », dont Une vie difficile, en 1961, et Le Fanfaron, l’année suivante, pourraient constituer les titres fondateurs, sera une manière cruelle pour le cinéaste d’observer ses contemporains et de retourner les euphoriques illusions dominantes d’alors. C’est un genre qui interroge la notion même de « comédie », tant le rire s’y trouve régulièrement étranglé par le surgissement d’une réalité qui est, finalement, tout sauf drôle. Dans les films de Dino Risi, le rire est souvent dialectique, fondé sur l’opposition de contraires qui ne s’annulent pas mais s’opposent confusément, voire se nourrissent les uns des autres. Ainsi l’intégrité de Magnozzi est elle tempérée par une maladresse sociale permettant au génie d’Alberto Sordi de se déployer, l’ambition dénuée de sens moral de son épouse (Lea Massari) expliquée par une volonté légitime de dépasser sa condition.

Une vie difficile montre que le prix à payer pour la modernisation économique et sociale de l’Italie est astronomique. C’est celui des concessions, des compromis, de la corruption des esprits et de la soumission. Ivre et enragé, le malheureux héros du film, expulsé de la boîte de nuit où il a revu sa femme, dont il est séparé, au bras d’un homme riche, déambule en titubant, au petit matin, en crachant sur les voitures de luxe et les cars de touristes allemands, hurlant à qui veut l’entendre que l’Italie est un pays pourri. C’est hilarant et atroce en même temps. Bouffonnerie et drame tout à la fois, le film de Dino Risi échappait alors aux catégories existantes pour en inventer une, et surtout exprimer, avec une réjouissante trivialité, un sentiment et une aangoisse face à l’évolution d el’Italie, que partageront et exprimeront alors, avec diverses nuances, de nombreux intellectuels et artistes italiens, de Federico Fellini à Alberto Moravia, en passant par Pier Paolo Pasolini.

Jean-François Rauger, le Monde

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