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Qui chante là-bas?

  • 1981
  • Yougoslavie
  • 1h26
Comédie, Drame de Slobodan Sijan avec Pavle Vuisic, Dragan Nikolic, Danilo Stojkovic, Aleksandar Bercek, Neda Arneric
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Le film fait partie de la sélection Cannes Classics 2020.

Yougoslavie, avril 1941. Une faune rocambolesque – un apprenti chanteur, un tuberculeux, un chasseur, un notable, un ancien combattant, deux musiciens tsiganes… – attendent l’arrivée d’un car brinquebalant qui doit les emmener à Belgrade. Menée par un chauffeur totalement irascible, la petite troupe s’embarque dans un voyage loufoque accueillant au passage un couple de jeunes mariés. Mais rien ne se passe vraiment comme prévu…

C'est un premier film et c'est déjà, sans avoir à craindre de gaspiller le sens, le poids des mots, un grand film ! L'Humanité
Une balade insolite, cruelle et tendre, féroce et bucolique (...). Le Nouvel observateur
Une petite merveille d'humour, de tendresse, de poésie à déguster en famille. La Croix
Pour aller + loin

En 1996, le Conseil Yougoslave de l’Académie des Sciences et des Arts (AFUN) délivra sa liste des meilleurs films yougoslaves réalisés entre 1947 et 1995. Qui décrocha le trophée ? Une première réalisation de cinéma, tournée par un metteur en scène jusqu’alors habitué à travailler pour la télévision. Un film qui, malgré quelques sélections en festival et un succès important dans son pays d’origine, n’avait à sa sortie que peu attiré l’attention des observateurs mondiaux. Un road-movie assez linéaire, centré sur un petit nombre de personnages et d’apparence résolument modeste. Un film, donc, qui sans ce type de récompenses honorifiques ou la persévérance de certains distributeurs résolus, échapperait sans aucun doute à une quelconque postérité. Le film se nomme Qui chante là-bas ? et a été tourné en 1979 par Slobodan Šijan.

En première lecture, Qui chante là-bas ? peut être décrit comme un road-movie en autocar, ce qui pourrait presque constituer un sous-genre cinématographique en soi : des personnages issus de classes sociales ou de générations différentes, qui ne se connaissent pas, sont contraints de partager, le temps d’un trajet et de ses péripéties, l’habitacle inconfortable d’un bus devant les mener à une destination commune. Du Japon (Monsieur Merci d’Hiroshimi Shimizu – 1936) au Mexique (La Montée au ciel de Luis Buñuel – 1951), de l’Italie (Quatre pas dans les nuages d’Alessandro Blasetti – 1942) au Liban (Bosta l’autobus de Philippe Aractingi – 2005), en tout pays et à toute époque, le principe a servi pour des films dont la vocation était souvent, en utilisant des personnages antagonistes bien typés, d’inviter à surmonter les différences afin – pour le dire vite – de réapprendre la vie en communauté, l’entraide ou la tolérance.

Dans Qui chante là-bas ?, les personnages sont fortement caractérisés et il y a bien un moment fugace de communion – presque forcée – vers la fin du film, au bord de la rivière, mais contrairement à ce que pouvaient suggérer, dès leurs titres, les films de Buñuel ou de Blasetti cités précédemment, il n’y pas d’élévation, encore moins d’ascension, pour les différents protagonistes. A la fin du trajet, on pourrait presque dire qu’ils en sont au même point qu’à leur début – mais la réalité est que, sans rien dévoiler, leur situation est même bien pire. Si le film revêt donc volontiers les atours de la comédie outrancière, il tient en réalité de la tragicomédie grotesque, de laquelle ressortent surtout une profonde mélancolie et un sens absolu de l’absurdité.

Antoine Royer, DVDClassik

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