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Le Festin chinois

  • 1998
  • Hong-Kong
  • 1h40
Comédie de Tsui Hark avec Leslie Cheung, Anita Yuen, Kenny Bee, Wenzhuo Zhao, Man Cheuk Chiu
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Afin de pouvoir émigrer au Canada, un jeune mafieux hong-kongais doit obtenir un diplome de cuisinier. C’est ainsi qu’il atterrit dans un grand restaurant qui s’apprête à disputer un grand tournoi culinaire.

Le Festin chinois s’impose comme une comédie culinaire joyeusement toquée, au mauvais goût assumé et à l’audace rafraîchissante. À consommer donc sans modération.aVoir-aLire
L’originalité, la beauté du Festin chinois sont (...) dans le festin justement. Tsui Hark a la bouillonnante idée de remplacer les combats acrobatiques des films de sabre et de kung-fu par des duels gastronomiques où hachoirs, passoires et poêles remplacent sabres, lances et épées.Le Monde
Pour aller + loin

Film de commande à destination des fêtes de fin d’années, coincé entre Il était une fois en Chine V et The Blade, réalisé après le mythique The Lovers, Le Festin chinois fait partie de ces films réalisés par Tsui Hark pour renflouer les caisses mises à mal par ses productions les plus radicales. Si le film se rapproche bien évidemment plus de l’inoffensif Love in the Time of Twilight que de la déconstruction du Wu Xia Pian à l’œuvre dans The Blade – sommet du maître qui pulvérisait les codes du genre et fracassait une certaine forme d’immobilisme qui guettait le réalisateur avec le 5ème opus de Wong Fei-hung – il n’en demeure pas moins une petite réussite particulièrement réjouissante.

Assumant pleinement son statut de pochade sans prétention, récréation artistique entre des œuvres plus personnelles, Tsui Hark évacue toute tentative auteurisante ou expérimentale et se contente d’inviter le spectateur à un banquet où les mets vont se succéder à une cadence infernale, tout le talent du réalisateur consistant à lui éviter l’indigestion : gangsters, chansons (l’hilarante scène de massacre au karaoké du Boléro de Ravel, ou du Carmen de Bizet je ne sais plus), bagarres et trompe d’éléphant, course poursuite à moto et scène de ménage, hirondelles confites et romance, philosophie zen et cervelle de singe…

Le film est également une manière pour Tsui Hark de se reposer du film du Wu Xia en en faisant un décalque réjouissant : il y a deux clans, maître Wong contre maître Han, deux troupes de combattants, deux écoles, un grand maître retiré qu’il faut retrouver et amener à combattre (mais nulle retraite bouddhiste, juste un vieil homme qui oublie sa fiancée dans l’alcool), l’entraînement des combattants qui doivent attiser leurs cinq sens, des épreuves, et un duel final autour des 108 plats à préparer, comme autant de coups fatals à porter à l’adversaire. Tsui Hark filme tout logiquement les préparatifs des plats comme des joutes martiales, et on retrouve la même virtuosité qui est à l’œuvre quand il met en scène Jet Li dans les chorégraphies hallucinantes de Yuen Woo-ping. Le Festin chinois est enfin l’occasion de retrouver Leslie Cheung, trop tôt disparu, en compagnie de la délurée Anita Yuen.

Les séances

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Dimanche 17 octobre
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